Discutons avec Mohamed SASSI

Espace de discussion de la politique et du programme du Partie Socialiste Unifié à l'occasion des éléctions législatives de septembre 2007. Notre candidat est à l'écoute des habitant(e)s de Rabat.
AccueilAccueil  ­GalerieGalerie  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Le tableau du 12 septembre

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin


Nombre de messages: 14
Date d'inscription: 09/07/2007

MessageSujet: Le tableau du 12 septembre   Sam 14 Juil - 20:13

Le tableau du 12 septembre

Le 12 septembre était une journée comme les autres. La classe politique était préoccupée par l'événement. Mais les simples citoyens, en particulier dans les grandes villes, s'y intéressaient beaucoup moins. Dégager des premières observations sur les élections ne se révèle pas être une rude tâche. Toujours est-il qu'au Maroc, le problème demeure celui de tirer les leçons tangibles et procéder, par la suite, aux changements qui s'imposent. Le fait est que des fois, nous arrivons à reconnaître la réalité, mais en fin de compte, nous faisons fi de la nécessité de revoir nos comportements et redresser nos états de conscience.

1- Soulignons en premier lieu la fadeur de la campagne électorale. On n'a pas pu percevoir une quelconque recrudescence au niveau de la compétition entre les candidats et les listes, ni aucune sorte de bataille entre les projets, programmes ou visions. La campagne électorale a perdu un peu de son essence politique et s'est transformée en un espace où l'on commercialise seulement la compétence de gestion. L'USFP était, par le passé, le "point nodal" de la campagne. La bataille consistait à voir se confronter deux logiques : la première plaide en faveur du statu quo, et la seconde revendique le changement. Défendue agressivement, cette deuxième logique était le cheval de bataille de l'USFP. Lors des élections du 27 septembre, la campagne électorale recelait encore une saveur politique dans la mesure où l'on pouvait évoquer l'évaluation de l'expérience de «l'Alternance». La campagne du 12 septembre, par contre, s'est avérée pauvre politiquement, quand bien même les partis politiques ont tenté de faire l’effort de rédiger de soi-disant textes qu’ils ont appelés «programmes nationaux et locaux».

2- Vient ensuite le faible taux de participation, qu'il s'agisse de se rendre aux urnes, d'assister aux rassemblements ou de plaider en faveur des listes ou des candidats. Si bien que nombre de membres de partis étaient au "chômage technique" au cours de la campagne électorale. C’est là la confirmation du harassement qui a terni l'éclat des relations intérieures au sein des partis.

Le chiffre rendu public sur la participation au vote (54%) est en lui-même un signe annonciateur d'un dérèglement politique qui sévit lors d’une étape sensée être fondatrice, car la participation, selon la logique de cette étape, ne traduit pas un simple choix de candidats, mais elle se veut une expression de la volonté collective de se faire sienne la pratique démocratique, et le déclenchement du consensus autour de règles générales régissant le jeu démocratique. Il n'en demeure pas moins qu'il est légitime de mettre en doute même ce chiffre. En effet, les chiffres inhérents à la participation au niveau local, rendus publics à travers la couverture médiatique directe, étaient en majorité beaucoup plus faibles. La fiabilité des chiffres prétendument enregistrés dans les campagnes et auxquels revenaient le mérite d'opérer une légère hausse de la moyenne nationale à 54%, ne peut être admise facilement, si l'on se remémore les pratiques traditionnellement en usage dans la gestion de l’opération électorale à l’échelle des campagnes.

Les facteurs de désertion des urnes sont légion et se subdivisent en trois catégories :

· des facteurs d’ordre «technique» tels que l’horaire inapproprié, la complexité du mode de scrutin, l’usage du bulletin unique qui met à mal «la vente» des bulletins sortis des bureaux de vote…etc.

· Des facteurs inhérents à la position vis-à-vis des partis politiques et des candidats auxquels on reproche les apparitions saisonnières, la recherche des intérêts personnels, la défaillance aux engagements, la similitude des attitudes, les conflits intérieurs au sein des partis, le détachement par rapports aux préoccupations réelles des citoyens, le manque d’indépendance dans la prise de décision, les déficiences au niveau des mécanismes de contrôle, …etc.

· Des facteurs liés à «l’étude de faisabilité». En effet, l’on a souvent l’impression que les collectivités locales et généralement toutes les instances élues suivent un chemin fatalement prédéfini qui n’obéit nullement aux résultats des élections, celles-ci étant, aux yeux des citoyens, dénuées de toute efficience et sans incidence aucune sur leur quotidien, et ne seront, de ce fait, jamais les prémisses d’un quelconque changement ou renouveau.

3- Intervient, en troisième lieu, l’efficacité relative de la législation électorale répressive. En effet, certains prévenus ont été arrêtés et poursuivis pour contraventions électorales. Des mesures administratives ont par ailleurs été prises à l’encontre d’agents de l’autorité publique. Mais si l’on ne dispose pas d’éléments suffisants permettant d’avancer que les procédures de poursuite et de condamnation ont été mises en mouvement en toute impartialité et objectivité et sans sélectivité ni calcul politique aucun, il semble clair, par contre, que le recours à de telles procédures a joué un rôle coercitif par rapport à certaines tentatives et intentions de fraudes électorales.

4- On relèvera, dans ce quatrième volet, la constance des résultats du parti de la justice et du développement (PJD) en dépit des événements du 16 mai. En prenant en considération le nombre de candidats présentés à ces élections par ce parti, on peut facilement déduire que celui-ci a enregistré une percée incontestable comparée aux résultats des autres partis, en occupant les premiers rangs dans nombre de grandes villes. Cela s’explique par le fait que les facteurs ayant fait des islamistes une étoile montante sont immuables si bien qu’ils n’ont pu être affectés par les tentatives de mise à profit des événements pour affaiblir la puissance politique islamiste. Les tenants de la véritable modernité doivent donc ouvrir des chantiers de travail suivant une vision globale et faisant valoir des moyens d’action qui mettent en avant l’intégrité et l’efficacité, au lieu de se cantonner dans les solutions faciles.

5- On notera ici l’intervention de l’Etat en amont de l’opération électorale mais de manière ne pouvant, comme par le passé, se faire de manière occulte ou voilée. Cette intervention s’est faite à trois niveaux :

- Le recours à une certaine pression pour réduire au minimum le nombre des candidatures islamistes (par des négociations directes révélées par la presse).

- L’usage de pratiques qui consistent à barrer la route devant les candidats indépendants pour préserver les équilibres existants (certains représentants de la société civile ont été informés de la pertinence de ne pas se porter candidats indépendants).

- L’interdiction à certaines figures de l’élite habituelle de se présenter dans plusieurs régions, en établissant des listes des «personnes interdites» d’avance de renouveler leur candidature au motif qu’elles étaient supposées avoir des liens avec le trafic de drogue, les constructions illégales et la mauvaise gestion de collectivités déterminées ( !?)…etc.

6- A souligner dans ce volet le succès de la gauche gouvernementale dans l’entreprise de pallier sa régression au niveau des grandes villes par des avancées dans la campagne.

7- Il y a, en septième lieu, la brillante prestation du modèle istiqlalien qui semble revigoré, compte tenu de son succès à rallier harmonieusement des références antinomiques. Il profite organisationnellement de sa présence au gouvernement et des honneurs de l’opposition. Il fait montre d’une souplesse quant aux critères présidant au choix des candidats, adopte des approches multiples pour la gestion de la chose électorale en fonction des régions et des situations, la gestion rationnelle des différends, et fait valoir une tendance réformiste conjuguée à l’attachement à une certaine «sagesse» du patrimoine institutionnel, exhibant ainsi un assortiment curieux pour le moins, et adoptant des registres de langue qui cadrent avec tous les âges.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://psu-sassi.discutfree.com
 

Le tableau du 12 septembre

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Discutons avec Mohamed SASSI :: CV de Mohammed SASSI et chroniques :: Chroniques de SASSI: Le tableau du 12 septembre-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet